La belle et la bête : un pari réussi grâce à des effets spéciaux inédits au cinéma français

A l’heure où les remakes de films des années 90 font fureur, le réalisateur Christophe Gans (Le pacte des loups, Silent Hill) a eu l’audace de s’attaquer à un classique du cinéma. 68 ans après l’adaptation cinématographique du conte de fée du XVIIIème siècle par Jean Cocteau, « La belle et la bête » est de retour avec autant de féérie et de suspens. « Une vie pour une rose » aurait pu être le titre de la nouvelle adaptation de cette œuvre mythique et fantastique sur grand écran. Car, fidèle à l’histoire originale, « La belle et la bête » version 2014 tourne autour du même et célèbre sortilège.

La belle et la bête

Ruiné suite à une tempête, un riche marchand se voit contraint de quitter la ville avec sa famille afin de fuir les moqueries des habitants. Entouré de ses six enfants, trois garçons et trois filles, il trouve refuge dans une demeure à la campagne loin de la vie de luxe dont il était accoutumé. Mais après quelques temps, le vent finit par tourner et sa situation financière est sur le point de s’améliorer. Il décide alors de se rendre en ville afin de gâter ses filles. Si d’eux d’entre elles demandent robes et bijoux, la benjamine, qui répond au nom de « Belle », ne souhaite obtenir qu’un seul et modeste présent, une rose. Une fleur qu’elle ne peut faire pousser dans son jardin de campagne. Sur son chemin de retour, le marchand, affaiblit par la neige, se retrouve par inadvertance aux pieds d’un mystérieux château où il y trouva monts et merveilles. Mais la rose qu’il arracha par la suite dans le jardin du château, pour faire plaisir à sa chère fille, réveilla la colère du propriétaire des lieux. Une créature féline et affreuse qui exigea la vie d’une personne en compensation de cet acte « sauvage ». Dès lors, « Belle » interprétée par la jolie Léa Seydoux, s’engagea à prendre la place de son père en tant que prisonnière de la bête au château. S’en suivra une relation compliquée entre la jeune femme et la bête, jouée par le charismatique Vincent Cassel, où la séduction se mélange à la rancœur et aux souvenirs douloureux d’un homme condamné à vivre dans la solitude.

Au-delà du côté « féérique » lié au respect de l’œuvre de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, ce film nous emmène là où aucun film français du genre n’avait réussi à nous transporter. Les images sont d’une grande qualité, les couleurs sont vives et poignantes, les paysages sublimes et les effets-spéciaux dignes d’une grosse production américaine.

Pour s’assurer que la poésie transperce les images, l’accent a été mis sur les costumes des deux personnages principaux. La belle et sa bête, sont parés de toilettes somptueuses résultat d’un long travail de broderie et de couture. Les effets spéciaux permettent à la nature, aux bois enchantés, de s’exprimer avec force et rapidité. Les statues prennent vie, les rêves dévoilent les vies passées, les esprits de la forêt prennent du sens au travers de leur nymphe et de leur biche aux poils dorés. On aurait aimé un peu plus de fougue et de passion entre Vincent Cassel et Léa Seydoux mais c’est un film familial, et cela implique moins de fureur.

Entre sorcellerie, aventure, compassion et humour, notamment grâce à la participation d’Audrey Lamy et Sara Giraudeau dans le rôle des sœurs ingénues de « Belle », « La belle est la bête » est une adaptation moderne et réussie qui permettra de découvrir ou de redécouvrir cette histoire au public avec maturité et modernité.

« La belle et la bête » dans les salles le 12 février 2014

Casting : Léa Seydoux, Vincent Cassel, André Dussollier, Eduardo Noriega, Myriam Charleins, Audrey Lamy, Sara Giraudeau, Jonathan Demurger, Nicolas Gob, Louka Meliava et Yvonne Catterfeld.

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