Interview Joelle Flora : “Mieux vaut être OverDressed qu’ UnderDressed”

Guys & People est allé à la rencontre de Joelle Flora, jeune créatrice suisse qui présentait en toute intimité sa troisième collection en plein cœur de la semaine de la mode parisienne. Une collection à inspiration orientale qui saura séduire les fans de broderie, de dentelle et de strass…

Young designer Joelle Flora in Paris to present her new fashion collection.

G&P : A seulement 24 ans, vous vous lancez sur le marché périlleux de la mode, comment ça se passe ?

Joelle Flora : C’est difficile avec beaucoup d’épreuves à surmonter. Il y a énormément de travail derrière cette aventure mais c’est avec beaucoup de passion que je le fais.

Vous avez constitué une équipe solide…

Oui, je travaille avec quatre couturiers à plein temps dans mon atelier à Genève et avec une assistante qui m’aide à suivre tous mes projets.

Atelier Joelle FloraVotre grand-mère était couturière et votre grand-père marchand de tissus, c’est d’eux que provient cette passion pour la couture ?

J’ai toujours apprécié le travail de couture de ma grand-mère, laquelle exerce encore aujourd’hui, et été admirative de tous ces tissus que vendaient mon grand père aux Philippines, mais au-delà-de ça, la mode est quelque chose qui a toujours été en moi. Je ne surveillais pas leur travail de près, j’ai développé ma passion en regardant le travail des grands créateurs. Mais il est évident que le métier de ma grand-mère m’a facilité les choses.

Quel est votre parcours, vous avez intégré une école de mode ?

Non, j’ai fait une école de business management, car il y a beaucoup de gestion derrière une griffe. Mais j’ai vraiment appris sur le tas, j’ai travaillé dans l’ombre d’une couturière et appris énormément sur les différents tissus. C’est d’ailleurs un point sur lequel j’insiste beaucoup concernant ma marque, je travaille avec des tissus de grande qualité, c’est l’une des forces de ma marque.

En regardant votre collection, on constate l’omniprésence de la broderie, des sequins, des cristaux, cela nous rappelle incontestablement le travail des créateurs libanais comme Elie Saab ou Zuhair Murad, vous inspirent-ils ?

Tout à fait mais je ne suis pas libanaise (rires). J’ai des origines égyptiennes et syriennes et c’est la raison pour laquelle c’est très oriental. Il est certain qu’ils font de très belles collections, de très beaux modèles qui m’inspirent beaucoup mais j’ai ma touche personnelle, un peu plus jeune peut-être. Mes modèles sont différents, mes robes ont toutes un soutien-gorge intégré, c’est très pratique pour les femmes. Avec cette technique, elles n’ont pas à chercher le soutien-gorge assorti ou s’embêter lorsqu’elles portent un dos nu. Je pense que ma clientèle est un peu plus jeune mais il est vrai que j’ai de plus en plus de femmes mûres dans ma clientèle. L’effet « soutif » (rires).

Ce n’est pas le seul point fort de votre collection rassurez-nous ?

Non (rires), ce sont des vêtements que l’on peut porter et que je me vois porter. Je n’ai pas encore le label Haute Couture mais je ne peux pas dire que c’est du prêt-à-porter, c’est du entre deux. J’utilise le tissu de la Haute Couture, des tissus très précieux qui viennent de France, d’Italie et de Suisse. Je vais me fournir là où les grandes maisons de couture s’approvisionnent comme Chanel, Elie Saab ou Valentino. C’est exactement la même dentelle mais sur des modèles qui me semblent un peu plus pétillants de ce que l’on propose habituellement avec ce genre de tissus. Cela dit, j’ai une variété de modèles pour répondre à toutes les occasions et à toutes les femmes de 15 à 60 ans.

Vous avez déjà organisé un défilé de votre marque ?

Pas encore, mais ma marque a déjà été présentée lors d’un défilé organisé par la chambre monégasque de la mode. Un événement où les jeunes créateurs sont mis à l’honneur et où professionnels de la beauté et du show sont mis à notre service. Cela représente énormément de frais et j’attends que ma marque soit davantage installée pour investir dans ce genre d’événement.

En deux mots, la femme type Joelle Flora ?

C’est sûr, une femme très habillée (rires). On me disait toujours « tu es Overdressed » et je répondais souvent « mieux vaut être OverDressed qu’ UnderDressed »(rires). Je dirais, une femme élégante et féminine.

Pourquoi avoir choisi Victoria Silvstedt comme égérie ?

Avant tout car c’est une femme très sympathique, elle veut toujours aider. Elle adore mes robes et les porte tellement bien.

Des célébrités ont déjà porté vos créations ?

J’ai déjà habillé la présentatrice phare sur Fashion TV, Hofit Golan ou encore l’animatrice tv Victoria Bonya en Russie. Ça va venir mais il ne faut pas oublier que cela représente un réel budget. J’espère pouvoir habiller une personnalité lors du prochain festival de Cannes. Une cliente de Los Angeles, qui n’est autre que la manageuse de l’actrice Andie Mcdowell, a porté l’une de mes robes lors des Oscars 2015, c’est un début et j’espère que ça continuera comme cela.

Tv host Hofit Golan in a Joelle Flora dress

Tv host Hofit Golan in a Joelle Flora dress

Angelina Jolie : “On a tous de la méchanceté en nous”

Une nouvelle adaptation des studios Disney du chef d’œuvre « La belle au bois dormant », a vu le jour le 28 mai dernier au cinéma. Cette fois, il ne s’agit pas d’un dessin animé mais d’une superproduction cinématographique où l’actrice Angelina Jolie a endossé le rôle de « Maléfique », la méchante sorcière de l’histoire (lire notre critique ici). L’occasion pour GuysAndPeople d’aller à la rencontre de l’actrice Oscarisée lors de la conférence de presse organisée à Paris pour la promotion du film.

CONFÉRENCE DE PRESSE DU FILM "MALÉFIQUE À PARIS, FRANCE

Dans « Maléfique », avez-vous voulu vous démarquer du film de base ou respecter l’œuvre originale?

« Les deux, de la même manière, on est restés aussi fidèle que possible à la scène du baptême. Elle devait être très précise, tout le reste se développe… ».

Où avez-vous trouvé la partie sombre en vous ?

« Une partie mauvaise et révélatrice en même temps (rires). Ce rôle m’a permis d’exprimer de nouvelles choses. On a tous de la méchanceté en nous, on l’exprime au quotidien, que ce soit dans les embouteillages ou dans diverses situations. Exprimer notre méchanceté et en rire, c’est bien. C’est tellement dramatique mais très léger aussi, c’est amusant. ».

Angelina Jolie est Maléfique Avez-vous effrayé vos enfants ? Comment leur avez-vous expliqués ?

« J’ai emmené ma fille Vivienne (6 ans le 12 juillet prochain, ndlr) voir Aurore la belle princesse, pour commencer. Puis tous ensemble, ils ont vu les prothèses, les pommettes, les oreilles pointues que j’allais porter, ils étaient effrayés. C’est dur de voir sa maman dans un tel état. ».

Vivienne a fini par obtenir le rôle de la princesse Aurore, enfant…

« Je ne voulais pas spécialement que mes enfants jouent, mais Vivienne était la seule à ne pas avoir peur de moi. Lors des essais pour trouver la petite actrice, je lui disais : « Je déteste les enfants » et elle me souriait. ».

Vivienne future Reese Witherspoon ???

Vivienne Jolie Pitt : Un petit air à Elle Woods, non ?

Quel(le) est votre « méchant(e) » préféré(e) chez Disney ?

Elle Fanning : « Cruella (Les 101 Dalmatiens, ndlr) »

Angelina Jolie  : « Comment oses-tu… ! » (L’actrice prend alors la voix de Maléfique) « Tu mérites bien ta punition ! » (rires). «Maléfique a toujours été ma préférée, elle était très élégante, très forte, pleine de sureté. Elle avait quelque chose que l’on n’arrivait pas à comprendre. On était mal à l’aise face à elle. Ce qui est intéressant avec cette « méchante » c’est qu’elle a une véritable histoire. Elle n’était pas comme ça à la base. Plus jeune, elle était différente, elle a été mise l’épreuve, abusée. Aujourd’hui elle est pleine de haine et se venge sur une enfant innocente. ».

Comment expliquez-vous cette tendance où les « méchantes » sont les héroïnes des nouveaux films ?

« Je ne sais pas si je suis l’héroïne du film. C’est une question intéressante pour les femmes. De montrer tous leurs aspects au cinéma. Maléfique a beaucoup de facettes, et elle montre ce qu’est la femme dans son ensemble. Il y a du mal dans le monde, on le voit tous les soirs dans le JT (journal télévisé, ndlr), l’enlèvement des jeunes filles au Nigeria est d’une cruauté inimaginable. Mais malgré cette notion du mal, il y a toujours un aspect bon et positif dans les films de Disney. Dans le « Roi lion » par exemple, quand Mufasa décède, ça nous affecte tous, mais ça me permet aussi de voir comment les enfants vont réagir, comment ils vont faire face à cela. Les enfants ont d’ores et déjà tellement de choses à affronter au quotidien. ».

Avez-vous une scène favorite dans « Maléfique » ?

« Le baptême était la scène la plus existante, c’est « LE » moment. J’étais très effrayée avant de la tourner. ».

image006Vous êtes parfaite dans ce personnage. Pourquoi jouez-vous des rôles plus légers en tant qu’actrice et des rôles plus difficiles, plus sombres en tant que réalisatrice, est-ce calculé ?

« Dois-je me sentir insultée ? » (rires) « Quand j’ai lu le script, je suis tombée sur une histoire secrète, profonde et puis ça a tellement fait plaisir à mes enfants je dois l’avouer. J’essaye de grandir à travers les sujets que je traite quand je porte la double casquette alors que jouer un rôle, c’est différent. En tant que femme, je n’aurais pas pu être soldat dans un film, vous comprenez… »

Un petit extrait de la conférence de presse en vidéo :

« Maléfique » un film de Robert Stromberg en salles depuis le 28 mai 2014, avecAngelina Jolie, Sharlto Copley, Elle Fanning, Imelda Staunton, Juno Temple, Lesley Manville.

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